massage, médiation, bien-être, burnout, dépression, stress, relaxation, détente

Massage Média – Magali Godfroid

Massothérapeute

Toucher et physiologie, oui… mais encore ?

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La base

Si l’on commence par le début, le toucher selon le dictionnaire est défini comme …

n.m. 1. Sens grâce auquel on perçoit la présence des objets, la pression, le froid et la chaleur, par contact avec la peau. 2. Impression produite par un corps que l’on touche. Tissu doux au toucher… Les récepteurs sensibles du toucher sont des organes microscopiques, les corpuscules, logés dans le derme. Ils transforment des phénomènes physiques (pression, température) en potentiels d’action qui partent le long de fibres nerveuses vers le système nerveux central.

Le Petit Larousse Illustré, éd 2009

… c’est à dire, trois phrases supposées expliquer l’un des 5 sens comptant la plus vaste littérature traitant du sujet.

Actuellement, on pourrait dire que ce qui fait le charme de ce sens et la raison pour laquelle, un intérêt tout particulier lui est porté de nos jours, ce sont ses différentes composantes qui lui ont été attribuées :

• La composante physiologique.

• La composante psycho-émotionnelle.

• La composante affective.

Cet article traitera essentiellement des éléments physiologiques ; un autre article viendra avec la composante plus psychique (Toucher et psychologie. Oui… mais encore ?).

Le toucher au cours du temps

Pour commencer, il faut savoir que le toucher est le premier sens qui se développe chez l’embryon. Dès la 7è-8è semaine après conception, apparaîtraient les premiers récepteurs tactiles, d’abord autour de la cavité buccale (et la concentration la plus dense pendant les premières années de vie). Ce n’est dès lors plus un hasard si un enfant, dès que la préhension se développe, apporte à sa bouche le moindre objet qu’il trouve. C’est sa première façon de découvrir l’objet.

Revenons-en au développement fœtal. C’est déjà vers la 20è semaine que l’ensemble du corps du fœtus pourrait réagir à des stimuli tactiles ; les autres n’étant soit, pas encore développés (par exemple : l’ouïe qui ne se développe qu’à partir de la 26-28è semaine), soit pas encore opérationnels (par exemple : l’odorat. Les récepteurs sont présents rapidement mais les narines du fœtus restent bouchées jusque dans les environs du 5è-6è mois).

Sur la ligne du temps, c’est aussi le dernier sens qu’il nous reste lorsque tous les autres sont usés. Et pour cause : c’est le seul sens qui soit absolument vital pour l’Homme. Il est physiologiquement possible de vivre sans l’odorat, sans le goût, la vue ou l’ouïe, ce qui est absolument impossible en ce qui concerne le toucher…

La physiologie du toucher

Comme tous les autres sens, il existe un organe associé au toucher : la Peau. La peau. En plus d’être l’organe le plus étendu en terme de surface (entre 1,8 et 2 m² pour un homme adulte) et le plus lourd (environ 3 à 4kg pour une personne de 70kg), c’est également dans une épaisseur extrêmement limitée (4mm au plus épais en prenant en compte l’épiderme et le derme) que l’on retrouve les différentes terminaisons nerveuses du toucher.
Les sensations sont multiples et variées et pour chacune d’entre elle, une terminaison nerveuse particulière existe :

• Cellules de Merckel : Toucher léger

• Corpuscule de Golgi : Pression légère

• Corpuscule de Meissner : Frôlement, Effleurement

• Corpuscule de Ruffini : Chaleur, Vibration, Étirement de la peau et tendons

• Corpuscule de Pacini : Pression forte

• Corpuscule de Krause : Froid

• Nocicepteurs (ou terminaisons libres) : récepteurs de la douleur

Globalement, comment ça se passe ?

Réaction en chaîne

Prenons l’exemple de la pression légère (pour rester dans le thème du massage) comme stimulus externe. Voici le trajet que suivra l’information amenée par la sensation :

Pression légère

    → Stimulation tactile

          → Détection par les corpuscules de Golgi

                → Influx nerveux

                      → Cerveau

                           → Réaction (pouvant être multiples).

Comme ça réactions multiples ?! Eh bien oui, le toucher ne se limitant pas à une simple pression légère mais étant une combinaison faisant intervenir toutes les terminaisons nerveuses en même temps, le cerveau renverra des messages se traduisant essentiellement par la libération de certaines hormones et/ou neurotransmetteurs.

Neuro-transmetteurs

C’est quoi un neurotransmetteur et quelle est la différence avec une hormone ?

En gros, un neurotransmetteur est un composé chimique synthétisé (créé) dans les neurones et libéré dans la fente synaptique pour transmettre un message au neurone suivant (neuro – transmetteur). D’un autre côté, l’hormone, également un composé chimique non pas synthétisé par un neurone mais par une cellule type (glande), aura un rôle de messager beaucoup plus large au sein de l’organisme ; à travers le sang, elle se balade dans le corps pour influencer essentiellement les différents organes et systèmes (circulation sanguine, digestion, …).

Une histoire d'hormones, mais pas que...

Revenons-en à la libération des hormones et neurotransmetteurs suite au fait de poser la main sur quelqu’un. L’hormone principale concernée se trouve être l’ocytocine. Ayant de nombreux effet, on dira notamment qu’elle diminue l’agressivité, le stress et le cortisol, la tension artérielle et la douleur. A contrario, elle a un effet positif sur la sociabilité, l’immunité et les liens d’attachement maternel.
De manière plus secondaire, la stimulation hormonale concerne aussi l’insuline, en tant qu’hormone digestive contrôlant le taux de glucose dans le sang (complémentarisée par le glucagon) et la somatotropine (l’hormone de croissance).

D’un autre côté, il est important de ne pas négliger l’importance de la sécrétion des neurotransmetteurs. Ces minuscules éléments chimiques ont une fâcheuse tendance à faire « tourner la tête » si on abuse des bonnes choses (pour vous rassurer, il faut vraiment en abuser beaucoup, beaucoup, beaucoup pour sentir un effet un peu plus permanent.

Exemple : un sportif professionnel pratiquant entre 8 et 10h de sport par jour sera accoutumé à une libération d’endorphine bien plus importante que le sportif lambda et pourrait le cas échéant, devenir « accro » à la sensation de détente qu’elle procure, pour le petit aparté).

La bonne nouvelle : pas de risque pour le massage, même à répétition ! Mais tout de même plein d’effets positifs grâce aux endorphines (les mêmes que pour les sportifs), à la sérotonine, à la dopamine et à la noradrénaline (entre autres).

Globalement, on retiendra des effets généraux pour l’endorphine et la sérotonine, une détente généralisée avec une diminution de la douleur et de stress et une influence plus particulière sur le système respiratoire, le système immunitaire et liens d’attachement (pour l’endorphine) et la régulation du cycle de veille-sommeil ainsi qu’un effet non négligeable sur l’humeur d’une personne (pour la sérotonine).

La dopamine et la noradrénaline sont des neurotransmetteurs plus stimulants et expliquent notamment les rougeurs qui peuvent apparaître sur une zone massée, par la stimulation du système sanguin avec une vasodilatation des artères locales (élargissements du diamètre artériel) et une augmentation de la fréquence cardiaque.

En résumé, l'influence du toucher, c'est...

Au vu de l’influence neurologique et hormonale du toucher, on peut s’attendre à un certain nombre d’effets physiologiques de toutes sortes. On constate notamment que plusieurs ouvrages et études reprennent des éléments comme :

• Les effets sur le système musculo-tendineux :

◊ Le première effet que tout le monde connaît et qui reste généralement la raison principale d’une visite, c’est la détente musculaire. Malgré le fait que les masseurs s’attribuent souvent le mérite grâce à leurs techniques, il ne faut pas oublier qu’une partie de la détente du muscle est certainement une conséquence des stimulations des terminaisons nerveuses superficielles. Donc oui, le masseur apporte un soulagement mais le travail ne se fait pas qu’en surface

◊ Globalement, on peut dire que le massage permet de limiter les adhérences tissulaires grâce entre autre à l’entretien de l’élasticité et de la trophicité musculaire. On peut parler aussi d’action préventive à l’apparition de fibroses dues à une immobilisation prolongée.

• Les effets sur le système tégumentaire (la peau) :

◊ Le massage a, semble-t-il, plusieurs effets notables sur la peau. On remarque entre autre, qu’en pratiquant le massage a intervalle régulier, la peau devient plus ferme (en terme d’épaisseur) et plus souple (en terme d’élasticité). Il y aurait également un effet sur la perméabilité de celle-ci ; la stimulation de la peau entraîne une dilatation temporaire des pores, permettant ainsi à l’huile ou à la crème de rentrer plus profondément dans l’organisme, et emmenant avec lui ou elle, les éléments médicamenteux éventuellement dilués dans la solution.

◊ La sur-stimulation des terminaisons nerveuses périphériques aurait également un double impact :

▪ Sur le court terme, on remarque que la répétition d’une manœuvre de type effleurage sur un zone déterminée, finit par « anesthésier » cette zone. Il y a une meilleure gestion de la douleur.

▪ A contrario, sur le long terme, c’est une sensibilité plus importante qui se remarque ; pas en terme de douleur mais en terme de sensation de toucher, tout devient plus vivant, plus précis.

• Les effets sur les circulations sanguine et lymphatique :

◊ L’influence sur la circulation sanguine ou lymphatique est certainement la plus visible de toutes. Pour cela, il suffit d’observer les rougeurs se former autour de la zone massée (pour les effets sur la circulation sanguine). Et pour cause, le massage plus ou moins profond stimule notamment la vasomotricité et ainsi, l’arrivée du sang à la zone.

◊ On peut observer l’effet sur la circulation lymphatique avec un massage beaucoup plus en surface. La stimulation de cette circulation permet une réabsorption des liquides interstitiels se logeant entre les cellules. Permettre cette réabsorption, c’est aider les déchets métaboliques produits par le corps d’être recyclé dans le circuit prévu à cet effet et cela se remarque par une diminution du volume des membres (excellent pour aider les personnes avec de la rétention d’eau dans les jambes).

• Les effets sur les organes internes :

◊ Cet élément fera l’objet d’un article tout particulier : Les bienfaits du Chi Nei Tsang (le massage du ventre selon la tradition taoiste).

• Les effets sur le psychisme :

◊ Cet élément fera également l’objet d’un article traitant particulièrement du sujet : Toucher et psychologie. Oui… mais encore ?

Voilà, vous avez maintenant les bases pour comprendre les interactions physiologiques qui sont en jeu lors d’un massage (ou d’un quelconque contact qui soit ACCEPTÉ à la fois par le donneur et par le receveur).

Références intéressantes

Tous les éléments résumés qui ont été énumérés ici, sont repris dans des études internationales que vous pouvez retrouver sur le site de PubMed

(Attention, il y a plus de 1500 pages d’études sur le massage selon tous les cas de figure).

 

Et si vous avez d’éclaircissement par rapport à ce que vous venez de lire, je trouve cette vidéo de Youtube très bien construite

Le(s) Partenaire(s)

École de massothérapie spécialisée dans le domaine du sport + plateforme de référencement des praticiens de la santé.

Thérapeute shiatsushi à Tomberg (Maison du Mieux-Être)

Sartre, “l’Etre et le Néant”, 1943

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[…] Et c’est sans doute parce que le toucher dépasse infiniment le tactile, tout comme le charnel déborde le musculaire, que la main du masseur invite le patient à s’affranchir d’un dysfonctionnement afin de parvenir à caresser le rêve d’une récupération ou même un idéal de guérison. […]

J-P SARTRE

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